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mercredi, 16 mars 2016 10:24

Comment réussir sa reconversion

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Nouméa, 3 mars. Carole Bernardin et les conseillers de l’IDC-NC s’assurent que les candidats à la reconversion aient toutes les clés en main pour se lancer dans leur projet. Nouméa, 3 mars. Carole Bernardin et les conseillers de l’IDC-NC s’assurent que les candidats à la reconversion aient toutes les clés en main pour se lancer dans leur projet.

Changer radicalement de métier, pour se sentir plus à l’aise dans sa vie ou simplement pour retrouver un emploi, voilà un projet qui n’est pas simple à mener à bien. Entre découverte de ses motivations profondes et financement des périodes de formation, l’affaire exige une préparation minutieuse.

Carole Bernardin ne tient pas à faire durer le suspense. « Une reconversion est forcément un processus compliqué. »Laresponsable du service Information et Orientation de l’Institut de Développement des Compétences (IDC-NC), l’établissement public de référence en la matière, connaît trop bien le chemin tortueux qui mène à la reconversion, il n’y aura pas d’excès d’enthousiasme. Si une réorientation réussie peut être la clé du bonheur, de l’envie d’autre chose à sa concrétisation, les obstacles sont légion.

La première étape, qui consiste à définir la finalité de la manœuvre, n’est pas la plus facile. « Le cas le plus commun est celui des personnesqui savent ce qu’elles ne veulent plus faire, constate Carole Bernardin. En revanche, elles n’ont pas nécessairement d’idée, même imprécise, de ce qu’elles ont envie de faire. »

Faire jaillir un projet

L’art des quatre conseillers de l’IDC-NC consiste à révéler ce projet, en passant par exemple le candidat à la reconversion au crible de l’inventaire de personnalité. Cet accompagnement relativement lourd réclame une vingtaine d’heures de travail, en tête-à-tête et en petits groupes. Sur les 1500 personnes qui bénéficient chaque année des conseils de l’Institut, 150 suivent ce chemin initiatique.A la Direction de l’économie, de l’emploi et de la formation (DEFE) de la Province Sud, les équipes de Karine Yanaï, proposent également des bilans approfondis. « A l’initiative du conseiller, un psychologue du travail peut intervenir sur un cycle de six semaines. »

Une fois le ou les projet(s) établi(s), les contraintes d’ordre financier sont un barrage difficile à franchir. Dans les nombreux cas où le projet implique une formation à temps plein qui peut durer plusieurs années, comment vivre sans revenu ? Carole Bernardin fait le constat que peu de solutions sont disponibles. « Il existe, dans les textes légaux, un droit à un congé de formation, avec un an de financement. Dans les faits, ses moyens sont quasiment inexistants, il ne faut donc pas compter dessus. »

Anticiper les besoins financiers

A son sens, les seules véritables possibilités de soutien public sont celles qui découlent d’un plan de reclassement collectif, « comme ceux de l’usine du Sud ou des péages, il y a quelques années ». Dans le même ordre d’idées, le dispositif Cadres Avenir. Issu de la volonté publique de favoriser l’accès des Mélanésiens aux hautes fonctions, dans l’administration comme en entreprise, permet chaque année à une quarantaine de personnes de bénéficier d’un soutien financier significatif.

Mais dans une majorité de cas, l’autofinancement reste donc la seule option. « Une reconversion réclame beaucoup de préparation, résume Carole Bernardin. Il faut être très sûr de soi et anticiper les besoins financiers de la période de transition. Beaucoup renoncent à leur projet faute d’avoir su mettre tous ces éléments bout à bout»

Sandrine Guillermet, de la papeterie au secrétariat

Pendant cinq ans, ellea mis sa carrière dans le commerce entre parenthèses pour s’occuper de ses deux enfants. « Il a été très difficile pour moi de reprendre un emploi de vendeuse à mon retour », analyse Sandrine Guillermet. Lorsqu’elle finit par trouver untravail en papeterie, il s’avère que le magasin est à la recherche d’une secrétaire-comptable.« J’ai tout de suite accroché avec le domaine du secrétariat, que j’ai découvert sur le tas. » C’est le bilan approfondi de la DEFE, long de six semaines, qui lui apermis alors de se reconvertir véritablement, en l’orientant vers des formations courtes. Sandrine exerce aujourd’hui à domicile, en tant que patentée, et n’a « aucun regret. »

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