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mercredi, 02 août 2017 11:14

Tous dans le même bateau

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Jean-Christophe Cardeilhac, directeur de l’EFPA et de l’EMM, dans l’atelier écorecyclage du Spot. Jean-Christophe Cardeilhac, directeur de l’EFPA et de l’EMM, dans l’atelier écorecyclage du Spot. © Aude-Emilie Dorion

L’École des métiers de la mer va rejoindre l’EFPA. Plus qu’un regroupement géographique sur un seul site à Nouville, il s’agit de mutualiser les forces et les compétences. En toile de fond : la stratégie emploiinsertion professionnelle de la Nouvelle-Calédonie.

Le regroupement de l’Établissement de formation professionnelle des adultes (EFPA) et de l’École des métiers de la mer (EMM) est lancé. Il était sérieusement question d’y associer le pôle social de l’Institut de formation des professions sanitaires et sociales (IFPSS) mais un défaut de communication semble avoir fait avorter ce projet. Les syndicats sont montés au créneau. La fusion est scrutée par la Chambre territoriale des comptes, dont les magistrats donneront leur avis.

Pour Jean-Louis d’Anglebermes, vice-président du gouvernement en charge notamment de l’emploi et de la formation professionnelle, il s’agit de regrouper les moyens : « On a une volonté de mutualiser, d’organiser et de faire en sorte que les organismes publics de formation ne vivent pas que de la commande publique mais répondent vraiment aux besoins des entreprises, à de la commande privée. »

Fonds Européens

L’ex-ETFPA (allégé récemment du T de territorial) existe depuis 1990 dans sa forme juridique actuelle mais fut créé en 1955 avec la construction du barrage de Yaté. Il est réparti sur deux sites, qui se partagent pas moins de 16 000 m2 de locaux et 55 agents : Nouville et Bourail. Ce pôle de formation professionnelle décline quatre secteurs d’activité : à Bourail, l’industrie (maintenance industrielle et travail du métal) et le transport et la logistique – avec un plateau technique de pointe qui est aussi un des plus grands de France, selon le directeur, et un internat de 120 places récemment rénové, le tout fi nancé grâce aux fonds européens(1) ; à Nouville, dont le site est en cours de rénovation, le pôle tourismehôtellerie- restauration et le dispositif Spot (lire l’encadré). L’EFPA accueille en tout environ 400 stagiaires par an pour des formations allant de six mois à un an. Ils sont « recrutés » à travers le Réseau insertion formation (RIF), qui regroupe 22 partenaires, dont la MIJ, la DFPC, l’IDC-NC, la DEFE, Cap emploi…

Jean-Christophe Cardeilhac dirige cet établissement public administratif de la Nouvelle-Calédonie depuis mai 2014. Ce fonctionnaire territorial, juriste en droit social, dirige aussi par intérim l’EMM depuis septembre 2016. L’École des métiers de la mer, qui regroupe dix agents, délivre une dizaine de formations (capitaine à bord, matelot professionnel, mécanicien…), très réglementées au niveau international, parfois dispensées aux Loyauté ou dernièrement à Bélep via la commande des provinces, et voit passer 1 600 stagiaires par an mais pour des formations qui peuvent parfois ne durer que quelques heures.

Une faculté de la formation professionnelle ?

Le rapprochement des deux organismes est en projet depuis plusieurs mois. Ils pourront ainsi mettre en commun leurs fonctions support ; l’utilisation des nombreux bâtiments de l’EFPA pourra être optimisée – il s’agit de « valoriser tous les investissements, notamment sur fonds européens, qui ont été faits », précise Jean-Louis d’Anglebermes ; et puis la création d’un GIP(2) permettra de « travailler davantage avec le secteur privé, nouer des partenariats, partager les plateaux techniques… », énumère le membre du gouvernement, qui est aussi président du conseil d’administration de l’EFPA. Envisagé également, le rapprochement de l’Institut de développement des compétences (IDC-NC), basé en centre-ville.

Car ce programme est inclus dans la « Stratégie emploi-insertion professionnelle de la Nouvelle-Calédonie 2015-2020 », et s’insère dans un projet plus global et ambitieux d’une « faculté de la formation professionnelle », énonce Jean-Louis d’Anglebermes, qui pourrait réunir apprentissage et alternance. En cours également, un « guichet unique informatique », baptisé Relief, qui permettra de croiser toutes les données des parcours individuels pour une traçabilité des formations suivies sur l’ensemble du territoire. De quoi remettre un peu d’ordre et de cohérence dans un secteur capital pour l’emploi et l’activité économique du pays.

(1) 9e et 10e Fed (Fonds européens de développement) ; le 11e vient d’être validé (au total 3,6 milliards, dont un premier décaissement de 800 millions en 2017) et abonde la stratégie globale emploi-insertion professionnelle.
(2) Groupement d’intérêt public qui offre une structure de fonctionnement légère et des règles de gestion souples.

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